Explorations dans la chaîne Trans Alaï en Asie Centrale

Au profit intégral de l'Association Rêves 

Cliquer : Ciné-conférence Samedi 29 janvier 2022 - Salle Victor Hugo, Lyon

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18 au 22 août


Le 18 août, nous arrivons vers 9h à un emplacement vers 3400 m d'altitude a proximité de la rivière Kichkesuu, et à plus d'une heure de marche de l'entrée de la vallée du même nom. Nous installons notre camp de base ici.

Dans la foulée, nous partons, avec Gabriel, pour un camp d'altitude, afin de nous acclimater. Nous déciderons, sur l'itinéraire, de son emplacement et de son altitude. Après une montée dans des prairies, des moraines (amas de débris rocheux entrainés par un glacier), et des traversées de rivières, nous sommes à un peu plus de 4000 m d'altitude, nous nous arrêtons, et installons notre tente au bord d'un petit lac. Nous avons parcouru environ 8 kilomètres. Lors du début de la marche pour rejoindre l'entrée de la vallée, nous avons croisé des troupeaux de yacks, et aperçu de nombreuses marmottes, des rencontres sympathiques. Montée lente, bien chargés.

Nuit mauvaise sans sommeil, les symptômes d'une gastro sont apparus. 

Le lendemain, vers 7h00, nous redescendons au camp de base. Une descente très pénible avec cette gastro qui s'amplifie. Je ne sais pas bien comment j'ai pu l'attraper; depuis mon arrivée à Och, il me semble avoir été vigilant et avoir respecter les règles d'hygiène alimentaires, ayant notamment bu uniquement de l'eau en bouteille, et mes repas étaient constitués de boites de légumes et de riz apportés de France. Mais bon, je ne le saurai jamais, c'est comme ça.

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Au camp de base, pas de trève, le jour comme la nuit... pas mal d'énergie perdue. Je ne me vois pas remonter dans cet état (et 6 jours après elle perdure toujours).

Par ailleurs, Yan, le métérologue, qui m'envoie chaque jour un bulletin par satellite - par messagerie, et je l'appelle aussi par téléphone pour avoir les informations dans le détail - me précise que la météo n'est pas bonne ces jours prochains dans la vallée Kickesuu, une période d'instabilité avec du vent et des chutes de neige.

Vu le nombre de jours qu'il nous reste, après rélexion, nous décidons de quitter la vallée Kisckesuu et de retourner à Och. Pas évident...

TLes déboires se cumulent, avec notamment cette déception, naturellement bien ancrée, de n'avoir pu entrer dans la vallée Altyn Daria pour rejoindre la vallée Bel Uluu. Voir journées du 16 et 17 août.

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Dans ce contexte de totale mésaventure, un peu de baume au coeur...

Sur le chemin du retour, dans la gigantesque plaine de l'Alai, bordée à son sud par la chaîne Trans Alai, nous traversons toute une zone occupée par des nomades kirghizes. Nous allons à leur rencontre. Des nuages denses couvrent la chaîne Trans Alaï à notre nord.

Ils nous accueillent avec beaucoup de chaleur et d'attention. Des grands-parents et leur petite fille de 3 ans, Liena, nous reçoivent dans leur yourte. Ils nous proposent du kumiss, leur boisson locale traditionnelle faite de lait de jument fermenté. Je préfère refuser, ce qu'ils comprennent, ils m'offrent alors du thé. Gabriel fait de même. Les parents de Liena travaillent en ce moment, ils ont confié leur fille aux grands-parents.

Nous rencontrerons une autre famille, et échangerons en anglais avec un jeune nomade coiffé de son kalpak. Il étudie la médecine en Russie. Il nous précise qu'il passe toute ses vacances d'été dans la prairie avec sa famille. Mais à l'instar de ce jeune, la nouvelle génération kirghize souhaite-t-elle faire perdurer la culture nomade ? Ce n'est qu'une question que je me pose, à lquelle je n'ai pas de réponse.

La saison s'acheve pour ces semi-nomades, ils vont dorénavant démonter leurs yourtes - un travail d'environ 1h30 - pour rejoindre leurs villages respectifs. Dans cette région de Sary Tash, la saison se termine vers fin-août, car nous sommes à 3000 m d'altitude. Nous le constarons sur le trajet de retour sur Och, nous croiserons de nombreux troupeaux encadrés par des nomades. En revanche dans la région de Djalalabad, où vit la famille de Marlen, à 1000 m d'altitude, les nomades redescendent fin-septembre. Ils louent chaque année la terre où ils passent l'été avec leurs troupeaux, et généralement, et c'est la même d'une année sur l'autre.

Ce fut une expérience exceptionnelle de découvrir ces camps de nomades kirghizes. 

Leurs yourtes et leurs troupeaux de chevaux, moutons, yacks..., au sein de cette steppe qui s'étend à l'infini à l'est et à l'ouest, forment un tableau majestueux, qui restera bien gravé dans ma mémoire. Notamment à la tombée de la nuit, lors de notre déplacement aller. 

Et quel bonheur de découvrir, à notre époque, ces nomades kirghizes, qui ont su maintenir à tous prix, malgré les difficultés traversées, leur vie traditionnelle. Une vie très certainement rude, mais en pleine immersion dans la nature. Une vie hors du temps, faite de simplicité, de rusticité et d'abnégation.